Végétarisme et épices : Découvrons L’île aux Épices

epicesQui dit cuisine végétarienne, dit épices ! La rencontre avec Benjamin et son site l’île aux épices m’a ouvert les yeux sur toutes les saveurs d’ailleurs et sur les possibilités immenses qui se présentaient à moi. J’ai donc à cœur de vous présenter à travers une interview cet homme passionné et passionnant :

  • Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Alors, je m’appelle Benjamin, 28 ans et je suis passionné d’épices et de cuisine depuis disons… 28 ans !

  • Qui t’a fait aimer les épices ?

Je suis tombé dans un sac de jute quand j’étais petit, grâce à ma mère qui était vendeuse d’épices bien avant moi. J’ai commencé mon initiation dans les épices en suivant ma mère dans les marchés et festivals de France quand j’étais tout jeune. C’était mon occupation de vacances ! On faisait beaucoup de festivals africains car ma mère est mariée à l’Afrique depuis longtemps et ça a été mon école de la vente ! J’ai donc grandi dans un brassage culturel et culinaire.

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  • Racontes-nous comment tu as créé ton entreprise ?

Suite à des complications de la vie, ma mère a stoppé son activité quand j’avais 20 ans et après mes études de commerce, j’ai décidé de retourner tout seul comme un grand, sur les traces de ma mère et sur les marchés pour retrouver cette liberté que j’avais connu petit et ces produits que je chérissais tant.

Cela n’a pas été simple de se faire une place sur les marchés mais à force de conviction et de patience, j’ai réussi à me faire un petit nom dans la région Poitou Charentes où je tournais beaucoup.

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Sel rose d’himalaya aux herbes sauvages

Sur les marchés, on rencontre beaucoup de monde. A force de rencontrer des gens qui aimaient les épices mais qui me sortaient toujours la même rengaine : “on ne sait jamais comment les utiliser”, j’ai décidé de créer un site internet avec tout ce que je savais sur les épices. Il a fallu que je potasse pleins de bouquin sur la création de site, les langages html, css, le référencement, etc. Je me suis lancé dans la création tout seul et j’ai tout monté petit à petit.

Pour l’anecdote, avant le site, à chaque fois que je vendais un sachet d’épices je notais au marqueur l’utilisation et plein d’infos que me demandaient les clients, c’était très fastidieux et ça me prenait beaucoup de temps mais les clients adoraient ça ! Une fois le site arrivé, c’était beaucoup plus simple pour moi, il fallait juste noter l’adresse du site !

J’ai commencé à y mettre des recettes aussi. A cette époque il existait déjà pas mal de site de vente d’épices sur internet mais sur aucun, vous ne trouviez d’informations précises. Aujourd’hui, vous trouvez à peu près la même structure de fiche produit sur tous les sites d’épices, cette structure est la mienne qu’on m’a allègrement pompé ! Mais c’est la rançon du succès !

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Epices tandoori

Mon site était si complet comparé aux autres que je n’ai pas tardé à doubler tout le monde sur Google et j’ai vite été dépassé par la réussite du site, si bien que j’ai dû rembaucher ma mère pour son plus grand bonheur et le mien aussi !

Après avoir quitté les marchés pour manque de temps et être resté uniquement sur internet pendant 3 ans, j’ai décidé d’ouvrir une boutique et c’est suite à des vacances dans les Pyrénées Orientales que j’ai choisi Collioure ! Pourtant, ma première visite à Collioure était en plein mois de Février, il pleuvait, il n’y avait pas un chat, mais le coup de foudre a été immédiat :  1 mois après je déménageais, 2 mois après j’ouvrais la boutique !

Pour l’ouverture de la boutique, nous avons été rejoint par ma femme et le mari de ma mère et aujourd’hui, nous gérons donc ensemble le site internet et la boutique.

  • Qu’est-ce qui t’anime dans ton métier ?

Pour les épices, la fautive est donc ma mère mais comme je dis souvent, ce sont les épices qui m’ont fait aimer les épices ! Pour être plus précis, ce sont les histoires autour des épices qui m’enivrent, elles sont toujours passionnantes et à travers elles, on fait un bond dans le passé comme si on y était. C’est aussi une découverte de culture,  car, comme la langue d’un pays, ses épices et ses mélanges d’épices en disent long sur son peuple !

Graines de cardamome

Graines de cardamome

Ma principale motivation est la découverte, c’est comme une chasse au trésor où des chercheurs d’or qui sont drogués à la recherche de la pépite qui les rendront riches. Moi c’est pareil, je suis toujours à la recherche de l’épice qui va me souffler et me mettre sur le cul (désolé pour le langage). Le truc c’est que quand ça arrive, on a tout de suite envie d’en chercher une autre qui va encore plus nous souffler, une vrai drogue quoi !

  • Quelle est ton (ou tes) épice(s) préférée(s) ?

Par rapport à ce que je viens de dire, je n’ai pas d’épices préférées mais plutôt des épices du moment. En ce moment, je suis à fond sur les épices Dukkah et la baie de timur, je me suis aussi un peu éloigné des épices pour me plonger dans les sels du monde que je trouve fascinants (on reste tout de même dans l’assaisonnement !). Après j’ai des classiques indémodables que sont le zaatar, le massale, le tandoori, la cardamome, le sumac, le fenugrec, le galanga ou la nigelle, etc, impossible d’envisager une cuisine sans ces dernières !

  • Je sais que tu voyages beaucoup pour trouver tes épices. Peux-tu nous raconter un souvenir, une anecdote, une rencontre inspirante concernant un de tes voyages ?
Baies de Timur

Baies de Timur

Durant un voyage au Sénégal, qui au passage n’est pas vraiment une terre d’épices, je traversais une route pour me rendre dans le village de la famille à mon beau-père et on s’est arrêté faire une halte dans un minuscule village perdu au milieu de nul part dont je ne me rappelle pas le nom. Je suis parti me dégourdir les jambes et il y avait une femme qui chantait l’air perdu avec devant elle une natte avec des graines de toutes sortes. Je m’approche et je m’aperçois qu’elle était aveugle. Ne parlant pas vraiment le Wolof, j’appelle mon beau-père pour qu’il me traduise ce qu’elle chantait : elle parlait de voir avec le nez, avec les odeurs et ça m’a tout de suite parlé. Sa manière de parler des odeurs m’a tout de suite fait penser à Jean Baptiste Grenouille, le “héros” du chef-d’œuvre “le parfum” de Suskin. Elle était enivrante. Je me suis ensuite intéressé à ses graines et une en particulier m’a interpelée : je n’avais jamais vu une telle graine, longue, nervurée, on aurait dit qu’elle avait été gravée par un sculpteur. La femme me dit de sentir, bien entendu ! Difficile de décrire, mais une saveur de chocolat noir très intense et amer me sauta au nez. Elle prit un caillou et râpa un peu de l’écorce que je goûta, et toujours cette saveur de chocolat, mais le meilleur chocolat de la terre ! Une des plus belles découvertes que j’ai faites. Mon beau père n’avait jamais vu cette graine, le nom qu’elle me donna ne lui dit rien et elle n’a pas voulu me dire où elle l’avait trouvé, mais elle me donna la graine en question que j’ai gardé précieusement longtemps avant de la perdre je ne sais comment, même si je soupçonne qu’on me l’ait volé.

Bref, cette histoire est un peu mystique pour moi, comme si j’avais le Graal entre les mains et qu’il s’était évaporé de lui-même.  Je n’ai jamais été confronté à cette graine depuis et personne ne reconnaît ma description partout où je vais : mystique !

  • Quel est ton prochain voyage ? Que vas-tu y chercher ?
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Fève Tonka

Prochain voyage, l’avenir nous le dira, aucune idée pour le moment ! Ce que je vais chercher je ne le sais jamais, c’est la surprise à chaque fois !

  • Peux-tu nous donner un conseil pour choisir de bonnes épices ?

Pour choisir une bonne épice, j’ai écrit un article spécial qu’il faudrait que je mette à jour mais il est assez complet : http://ileauxepices.com/blog/2014/10/30/comment-bien-choisir-ses-epices/wpid6248/

  • Que t’inspire la cuisine végétarienne ?

Quand j’entends cuisine végétale, je pense opportunité ! C’est peut-être caricatural mais je vois la cuisine végétarienne comme une cuisine hyper inventive mais un peu fade, et qui dit un peu fade dit épices ! Du coup, on est sur une association parfaite entre tous les mets tout en sortant des sentiers battus, et ça, j’adore ! Mea culpa, je suis un bon vieux carnivore mais je vais approfondir la cuisine végétarienne, et ce sera sûrement grâce à toi Anne !


Découvrez La boutique de l’ile aux épices à Collioure (14 rue Rière 66190 Collioure) et retrouvez plein de recettes de cuisine de Benjamin dans le programme « Comment devenir végétarien ».

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2 Des réflexions sur “Végétarisme et épices : Découvrons L’île aux Épices

  1. J’ai trouvé cet homme passionnant, je file découvrir son site (parce que je ne connais même pas les épices qu’il cite !). Merci Anne pour cette découverte et longue vie à ton travail autour du végétarisme.

    • Moi aussi, j’ai adoré son parcours passionné. C’est la première personne qui a répondu « oui » à ma demande de partenariat. Il est passionné et passionnant et son site est génial. Ces recettes sont top aussi. Merci pour ton soutien <3